Inventaire du patrimoine du
Pays des Vals de Saintonge

Eglise Saint-Martin de Sarçay, puis chapelle

Saint-Hilaire de Villefranche
Saint-Martin, Saint-Martin (rue)
Le chevet de la chapelle et le clocher.

Historique

A partir du milieu du 19e siècle, plusieurs auteurs ont fait état d'un important monastère ou prieuré dédié à saint Martin à cet emplacement, qui aurait succédé à une villa gallo-romaine nommée Sedaciacum. Selon leurs dires, reprises par la suite, ce monastère aurait été l'un des plus anciens de Saintonge. Fondé par le saint abbé Martin, disciple de saint Martin de Tours, il aurait compté parmi ses moines saint Cybard. Sedaciacum serait ensuite devenu Sarçay, Saint-Martin de Sarçay (orthographe variable). Aucun document ni aucun vestige n'a toutefois permis de vérifier la tradition du monastère médiéval, aussi s'agit-il peut-être d'une légende. En revanche, la découverte de débris de tuiles romaines aux alentours semble attester la présence de constructions à cet emplacement dès l'Antiquité.

La chapelle aurait été une ancienne église paroissiale, siège d'une micro-paroisse, rattachée à celle de Saint-Hilaire au plus tard au 17e siècle. Le pouillé du diocèse de Saintes de 1683 la mentionne comme tel. En 1790, Jean-Robert Dupin est dit curé de Saint-Hilaire de Villefranche et de Saint-Martin de Sarçay, ce qui sous-entend que le lieu de culte n'avait pas été abandonné. Devenue par la suite propriété de la famille de Roumefort du Cluzeau, résidant au château de Laléard, celle-ci en a fait sa chapelle funéraire.

La comparaison du cadastre actuel avec le plan napoléonien de 1819 révèle que l'édifice a subi d'importantes transformations : une grande partie de la nef et un bâtiment accolé au sud ont été supprimés. Faute de documents, il est difficile de dater les constructions et démolitions. Une petite baie murée visible sur le mur sud semble être romane, peut-être un vestige d'un édifice des environs du 11e siècle, mais c'est un indice trop mince et isolé pour formuler des conclusions : il pourrait également s'agir d'un remploi. Le bâtiment saillant et épaulé de contreforts, sans doute l'ancien clocher, et le petit appentis paraissent dater du 15e siècle, voire du 14e siècle, de par leur maçonnerie et leurs baies en arc brisé. Le clocher a manifestement été largement dérasé, si on en compare la hauteur avec la tourelle d'escalier (le clocher actuel), et couvert d'un toit à un pan. La nef semble quant à elle avoir été très remaniée voire reconstruite postérieurement au plan napoléonien, peut-être dans le 2e quart du 19e siècle (?).

La crypte de la chapelle aurait servi de cache d'armes pour les Résistants pendant la Seconde Guerre Mondiale. L'édifice, propriété privée, est toujours utilisé pour la célébration de messes traditionnelles.
Datation(s) principale(s) : 11e siècle (?) ; 14e siècle ; 15e siècle ; 2e quart 19e siècle (?)

Description

L'édifice est orienté, ce qui signifie que le choeur est face à l'est selon la tradition chrétienne. La nef, rectangulaire, possède deux fenêtres en plein cintre sur le mur nord et une petite baie murée sur la face sud (une deuxième est visible de l'intérieur). Le pignon occidental, orné d'une double génoise, présente une porte en plein cintre, un bandeau, un corbeau (pierre en saillie sur la façade) qui soutenait peut-être un auvent, ainsi qu'un petit arc muré. Le mur du chevet plat est aveugle.

Au sud est accolé le clocher carré, dérasé, flanqué de contreforts d'angle, d'un appentis et d'une tourelle d'escalier dont le sommet abrite aujourd'hui la cloche : une fenêtre en arc brisé trilobé est visible sur le clocher et une autre, murée, sur l'appentis. La tourelle possède d'étroites baies rectangulaires.

L'intérieur est sobre, la nef est simplement plafonnée et le mur du choeur orné d'un retable néoclassique sommé d'une croix. La base du clocher, qui communique avec la nef par un grand arc en plein cintre clos d'une grille, est couverte d'une voûte d'ogives percée d'un oculus qui permettait d'actionner la cloche depuis le sol. Les ogives retombent sur des chapiteaux moulurés et un enfeu est aménagé dans le mur est. D'après une source orale, une petite crypte accessible par une trappe devant l'autel abrite les tombeaux de la famille de Roumefort

Situation

Référence(s) cadastrale(s) : 1819 A2 916 ; 2014 A 594
Canton : Saint-Hilaire-de-Villefranche
Statut de la propriété : propriété d'une personne privée
Etat de conservation : bon état



Documentation

Documents figurés

A. D. Charente-Maritime. Série P, 3 P 3173.
Plan cadastral napoléonien de Saint-Hilaire de Villefranche, 1819.

Bibliographie

Association Promotion Patrimoine. Châteaux manoirs et logis. La Charente-Maritime. Patrimoine et Médias, 1993, p. 159.

Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux manoirs et logis - La Charente-Maritime, vol.2. Prahecq : Editions Patrimoines et Médias, 2008, p. 534.

Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Paris : Ed. Flohic, 2002, p. 857.

Grasilier, Pierre-Théodore. "Rapport adressé à Mgr l'évêque de La Rochelle et de Saintes sur un bréviaire de Saintes, manuscrit du 13e siècle". Recueil des actes de la Commission des Arts et des Monuments Historiques de la Charente-Inférieure, t. 1, 1862, p. 145.

Lacurie, J.-L. "Excursion archéologique de Saintes à Luçon et retour, en août et septembre 1851". Bulletin Monumental, t. 19, 1853, p. 222.

Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. "Canton de Saint-Hilaire de Villefranche", t.9. Saint-Jean d'Angély, 1978, p. 33-34.

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Illustrations

Fig. 1
Saint-Martin sur le cadastre de 1819.
Fig. 2
La façade occidentale, 1990.
Fig. 3
Le chevet et le clocher, 1990.
Fig. 4
Le clocher, 1990.
Fig. 5
Une vue aérienne de Saint-Martin, 2006.
Fig. 6
Une vue aérienne de Saint-Martin, 2006.
Fig. 7
Une vue depuis le nord.
Fig. 8
Une vue depuis le nord.
Fig. 9
La façade occidentale et le cimetière.
Fig. 10
La nef.
Fig. 11
La petite baie murée du mur sud de la nef.
Fig. 12
La façade occidentale.
Fig. 13
Le chevet de la chapelle et le clocher.
Fig. 14
Le clocher.
Fig. 15
La tour d'escalier du clocher.
Fig. 16
L'appentis contre le clocher.

Voir

Saint-Hilaire de Villefranche, Présentation de la commune

Date de l'enquête : 2014

Région Poitou-Charentes / Service de l'inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Barreau Pierrick. (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel, 2014 ; (c) Communauté de Communes des Vals de Saintonge, 2014. Renseignements : Centre régional de documentation du patrimoine, 102 Grand'Rue - B.P. 553, 86020 Poitiers cedex, tél : 05.49.36.30.07.

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