Inventaire du patrimoine du
Pays des Vals de Saintonge

Château de la Laigne

Asnières la Giraud
Laigne (la), Louis Audouin-Dubreuil (rue) 53
Une vue aérienne du château, depuis le nord-est.

Historique

La première mention de la Laigne remonte au 14e siècle, lorsque les Méhée, puissante famille d'échevins de Saint-Jean d'Angély, en sont propriétaires. Dès le début du 15e siècle, en 1400, Guillaume Méhée, le fils cadet de Pierre Méhée hérite du domaine.
Entre 1473 et 1486, Antoine de la Guirlande puis sa veuve, Marie de la Roche, possèdent le logis, mais Joachim Méhée est encore propriétaire d'une partie du fief, avant qu'il ne passe aux mains du sieur Bouchard, seigneur d'Annezay et conseiller du roi.
C'est probablement à cette époque que le château tel qu'il est aujourd´hui fut construit, puisque le corps à trois niveaux date de la fin du 15e siècle. Les pièces du rez-de-chaussée et du premier étage ont d'ailleurs conservé leurs cheminées du 15e siècle.
Une descendante épouse en 1568 un certain Georges Méhée, seigneur de la Giraud, si bien que le logis revient à nouveau aux Méhée.

En 1580, Pierre Méhée, seigneur de la Laigne, est tué en voulant s'emparer du château de Saint-Jean d'Angély, et c'est son fils Paul qui hérite de la terre en 1581. Submergé par les dettes et poursuivi par ses créanciers, il vend la même année le château en faveur de Jean d'Abillon, lieutenant au siège royale de Saint-Jean d'Angély.

C'est au 16e siècle que ce corps fut augmenté d'un second, mais cette fois à un seul étage. Il se composait primitivement de deux vastes pièces avec de grandes cheminées à hottes reposant sur des consoles. Celle du rez-de-chaussée est ornée, dans sa partie inférieure, de triglyphes et de métopes. Celle de l'étage est parée d'un petit motif finement sculpté et porte la date 1590.

Au début du 17e siècle, en 1634, Suzanne d'Abillon épouse Jacques du Bois, seigneur de Saint-Mandé. Le château reste aux mains des descendants des du Bois de Saint-Mandé jusqu'à la fin du 19e siècle, en 1881, date à laquelle il est acquis par Alfred Audouin-Dubreuil, grand-père de Louis Audouin-Dubreuil, dont la descendance est à l'heure actuelle toujours propriétaire du château.
Louis Audouin-Dubreuil est né à Saint-Jean d'Angély, en 1887, dans l'ancien hôtel particulier de Bobène, rue de Verdun. Il était explorateur et homme de lettres. Chef adjoint des expéditions Citroën, il participa à la première traversée du Sahara en automobile en 1923, puis à la croisière noire en 1925 et enfin à la croisière jaune en 1932.

Si aujourd'hui il ne reste plus que les deux corps accolés, le château avait une toute autre allure encore au début du 19e siècle. En effet, le plan cadastral napoléonien montre que le corps du 16e siècle était flanqué d'une aile de bâtiments en retour côté cour. Dans le même alignement de cette aile se situait un autre corps assez grand et en face étaient placés deux bâtis en plan en L. Sur ce plan ancien on remarque également une première tour circulaire qui était accolée à l'angle sud-est du corps de grande dimension ainsi qu'une deuxième située au bout de l'enceinte du château, au nord-est du hameau. La date de destruction de l'aile en retour du corps du 16e siècle et de la tour au nord-est du hameau n'est pas connue, mais au milieu du 20e siècle, vers 1950, les bâtiments de communs étaient encore présents. Par manque d'entretien, ces bâtis ainsi que la tour d'angle sont aujourd'hui à l'état de vestiges.
Datation(s) principale(s) : 15e siècle ; 16e siècle
Date(s) : 1590
Justification de la datation : porte la date

Description

Le château, dont le propriétaire actuel a refusé les prises de photographies, se compose de deux corps de logis accolés dépourvus d'ouvertures sur les façades postérieures, puisqu'il sont tournés vers un parc correspondant à une ancienne cour d'honneur.
Le premier corps, de forme quadrangulaire, est construit autour d'une imposante cheminée centrale (dont le conduit extérieur est orné de sphères aux quatre angles), commune à tous les appartements des étages. La façade, orientée à l'est, dispose d'une travée, de fenêtres à meneaux et la toiture d'ardoise, à deux pans qui prennent appui sur des pignons à rampants (un est doté de fenêtres à meneaux), est percée d'une lucarne renaissance à fronton sculpté. Ces murs pignon sont agrémentés d'épis en fleurs de Lys et les crochets des rampants ont presque tous disparus.
Ce corps est desservi par un escalier contenu dans une tour rectangulaire percée d'une porte à linteau à accolade et dotée d'une bretèche au niveau du second étage. Sa toiture est également en pavillon couverte d'ardoise et agrémentée d'un épi de faîtage.
Le deuxième corps, à deux niveaux et de forme rectangulaire, comprend trois travées, des fenêtres à meneaux et sa toiture en ardoise, aussi à deux pans appuyés sur un mur pignon, est percée de lucarnes Renaissance surmontées de pinacles. Ce corps est flanqué d'une tour rectangulaire à porte en plein cintre et à toiture en pavillon couverte d'ardoise, surmontée d'un épi de faîtage.
À l'est du château se situent les anciens communs ainsi qu'une des tours de l'enceinte, aujourd'hui à l'état de vestiges.
Technique du décor : sculpture
Précision sur la représentation : Sommets des murs pignon du premier corps, parés d'épis en fleur de lys. Fronton de la lucarne du toit du premier corps sculpté d'ornements végétaux. Angles du conduit d'évacuation de la cheminée du premier corps parés de sphères.
Lucarnes du toit du deuxième corps surmontées de pinacles. Épi de faîtage du mur pignon du deuxième corps surmonté d'une sphère.

Situation

Référence(s) cadastrale(s) : 1822 A 1221 à 1223 ; 2012 A 350 352 920 921
Canton : Matha
Statut de la propriété : propriété d'une personne privée
Etat de conservation : bon état ; vestiges



Documentation

Documents figurés

A.D. Charente-Maritime. Série P, 3 P 5098/02.
Extrait du plan cadastral napoléonien, 1822.

Bibliographie

Casier archéologique (documents établis par le Service des Monuments Historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être).

Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux manoirs et logis - La Charente-Maritime, vol.2. Prahecq : Editions Patrimoines et Médias, 2008, p. 539.

Colle, Jean-Robert. Châteaux, manoirs et forteresses d'Aunis et de Saintonge. Volume 1 : A à L. La Rochelle. Rupella, 1984, p. 50, 51.

Excursion du 26 juillet 1970. Vieilles maisons françaises, n° 46, octobre 1970, p. 81.

Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Éditions Flohic, Paris, 2002, p. 865.

Santon, Noël. Reflets d'Afrique et d'Asie en Saintonge. Les Cahiers de l'Ouest, 1957, p. 15, 16.

Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Canton de Saint-Jean d'Angély. Saint-Jean d'Angély, 1966, p. 9 à 12.

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Illustrations

Fig. 1
Extrait du plan cadastral napoléonien, le château de la Laigne, 1822.
Fig. 2
Une illustration du château, 1989.
Fig. 3
Une vue aérienne du château, depuis le nord-est, 1999.
Fig. 4
Une vue aérienne du château, depuis le nord-est.
Fig. 5
Une vue de la façade arrière du premier corps, depuis le nord-ouest.
Fig. 6
Une vue du premier corps, depuis le sud-ouest.
Fig. 7
Une vue des toitures, depuis le sud-ouest.

Voir

Asnières la Giraud, Présentation de la commune

Date de l'enquête : 2015

Région Poitou-Charentes / Service de l'inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Lhuissier Nathalie. (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel, 2015 ; (c) Communauté de Communes des Vals de Saintonge, 2015. Renseignements : Centre régional de documentation du patrimoine, 102 Grand'Rue - B.P. 553, 86020 Poitiers cedex, tél : 05.49.36.30.07.

Document produit par RenablLyon : (c) Ministère de la Culture et de la Communication